Critique de la semaine

Découvrezlefilm:« Ensolitaire »

Alors que la Transat Jacques Vabre peine à prendre son envol (le départ est prévu pour jeudi), ce mercredi, vous pourrez déjà avoir un avant-goût de ce que veut dire être skipper en 2013. Ainsi, sort sur vos écrans, le film de Christophe Offenstein « En solitaire » avec comme personnage principal François Cluzet. Si l’immersion en pleine mer est très bien rendue, le scénario reste assez faiblard, tout comme les personnages secondaires (Efira, Canet…) qui font de la figuration.

Synopsis: 

François Cluzet est Yann Kermadec, un marin bougon cloné depuis le moule d’Olivier de Kersauson, qui s’engage dans le Vendée Globe à la place de son beau-frère interprété par Guillaume Canet resté à terre à cause d’une blessure. Il pense n’avoir aucune chance de remporter le titre et de succéder justement à son beauf surtout qu’il affronte un sacré concurrent campé par Jean-Paul Rouve, un marin qui montre ses fesses au cap-horn. Pendant la traversée, Cluzet connaît une avarie, on attend avec impatience la dérive mais non… il accoste non loin des Canaries et répare le bateau. Quelques jours plus tard il découvre à bord un gamin clandestin avec lequel il devra composer puisque la course est censée être en solitaire.

Critique d’E-TV Sport: S’attaquer au légendaire Vendée Globe était pour le moins « couillu ». Choisir de tourner en pleine mer sur un bateau prévu à la base pour une personne l’était encore plus. Un grand bravo donc aux courageux de l’équipe technique qui ont su, bon gré mal gré, rendre palpable l’atmosphère de cette haletante course autour du monde. Mais avec une telle matière première et un premier rôle confié à l’un des meilleurs acteurs de sa génération, pourquoi donc vouloir à tout prix caser une intrigue supplémentaire qui n’a pas lieu d’être ? Sans doute pour se conformer aux attentes du public français, dirons les uns, pour donner à l’histoire un plus grand ancrage dans la société actuelle, dirons les autres. Alors qu’il avait tout pour plaire, ce tour du monde à la voile perd son caractère mythique avec l’arrivée sur le bateau d’un jeune Mauritanien qui rêve de vivre en France. Malgré le talent certain de Samy Seghir (qui a bien poussé depuis Neuilly sa mère !) et la justesse de ton de François Cluzet, la relation entre les deux personnages ne convainc pas, et chose infiniment plus regrettable, peine à nous émouvoir.

Ce long-métrage devrait plaire sans aucun doute au fan de Cluzet (une nouvelle fois remarquable) ainsi qu’aux amateurs d’optimiste ou de dériveurs. En ce qui concerne, les amateurs de course au large et les vrais loups de mer, il faudra rester chez vous et ne pas vous embarquer avec « En solitaire » dans une salle obscure.