Vintage

Retoursurunmonstredusport:MichaelJohnsonalias« LaLocodeWaco »

La 38e édition du Mémorial Van Damme est le dernier des 14 meetings de l’année de la Diamond League, la plus importante compétition d’athlétisme annuelle. Après Shanghai, Oslo, Rome, Paris, Londres, Zurich… Bruxelles est donc le dernier rendez-vous d’envergure en 2014 mais la star jamaicaine Usain Bolt manquera l’évènement cette année. Si a 28 ans, Bolt se pose comme l’un voire le meilleur sprinteur de tous les temps, avant lui, ce titre pouvait être décerné à des légendes comme Jesse Owens, Carl Lewis, Maurice Green. On oublie parfois facilement que les épreuves de vitesses ne se limitent pas simplement au 100 et au 200. Ainsi, l’Américain Michael Johnson a été l’un des seuls à doubler les distances du 200 et 400. Le tour de piste peut-être qualifié de sprint long ou de sprint d’endurance. Hier soir, s’est déroulé le 400m, avec la victoire sans contestation possible de l’américain LaShawn Merritt. Néanmoins, avec un temps de 43’76 , il est encore bien loin du record du monde (43’18) de la « Loco de Waco », surnom de Johnson par rapport à son style de course à base de foulées courtes et très rapides qui donnent l’impression d’un buste droit et immobile. Ainsi, E-TV Sport vous présente celui qui reste encore le meilleur de tous les temps sur le tour de piste!

Capture d’écran 2013-08-14 à 14.39.28

Pas vraiment attiré par l’athlétisme

Né à Dallas au Texas en septembre 1967, au sein d’une famille nombreuse de cinq enfants, Michael Johnson a, comme de nombreux Américains, découvert le sport sur les bancs de l’école. Pourtant, ayant fait le choix de privilégier ses études, il ne s’inscrit dans l’équipe junior d’athlétisme de son établissement qu’à l’âge de 19 ans. Il commence donc vraiment à faire de l’athlétisme à l’adolescence, et ce par pur plaisir : « J’ai d’abord participé à une compétition à Atwell Junior High, à Dallas, et j’ai continué ensuite juste parce que c’était quelque chose de fun.J’ai couru le 200 m et le relais, mais cela ne m’avait pas marqué et je n’avais pas fait de projets pour le lycée »se rappelle Johnson dans Boys’ Life. En 1990, Johnson obtient son diplôme de fin d’études en comptabilité à l’Université Baylor mais il décide alors de pratiquer l’athlétisme de façon professionnelle.

Une carrière exceptionnelle pour l’homme le plus rapide du monde

Tout commence en 1991 où il devient pour la première fois champion du monde du 200m à Tokyo. Au Japon, Johnson domine largement les débats, mais les conditions climatiques défavorables l’empêchent de réaliser un exploit chronométrique. Il impressionne toutefois fortement, remportant la finale en 20”01 avec plus de trois mètres d’avance et malgré un vent défavorable de 3,4m/s! Ce sera donc le premier de ses 9 titres mondiaux. Ainsi, il remportera un nouveau titre sur 200m (Göteborg 1995), 4 titres sur 400m d’affilés (93, 95, 97 et 99) et deux titres sur 4x400m (93 et 95). Mais ces plus beaux exploits, Michael Johnson les a réalisé pendant les olympiades. Il a participé à ses premiers Jeux Olympiques en 1992, remportant le relais 4×400 m au sein de l’équipe américaine. Aux Jeux de 1996, il est devenu le seul coureur de l’histoire à remporter les médailles d’or du 200 m et du 400 m lors d’une même édition, établissant un nouveau record du monde dans chacune des deux disciplines (19 s 32 au 200 m et 43 s 49 au 400 m). A Sidney, en 2000, il a réussi à conserver son titre olympique du 400 m, devenant le premier athlète à remporter deux médailles d’or consécutives au 400 m.

Traditionnellement, le titre de l’homme le plus rapide du monde est attribué au recordman du monde du 100 m. Pourtant, grâce au record du monde du 200 m, qu’il a établi lors des Jeux olympiques d’Atlanta en 1996, Johnson possède la moyenne horaire la plus rapide de tous les temps pour un être humain : 37,27 km/h. Grâce à ce record, il fut également le premier homme à courir à une moyenne supérieure à 37 km/h. C’est la raison pour laquelle les journalistes de l’époque l’ont baptisé « L’homme le plus rapide du monde » à Atlanta en 1996.

Johnson en dehors des pistes d’athlétisme 

La professionnalisation de l’athlétisme entamée dans les années 1980 avec Carl Lewis s’est poursuivie et même accentuée dans les années 1990. Les sportifs voient alors leur statut évoluer et le monde du sport basculer vers un business de plus en plus important. Lewis lui-même est d’ailleurs recruté par Nike à l’époque où il n’est qu’amateur. L’opposition dépasse alors le cadre des sportifs eux-mêmes en devenant un combat féroce entre les marques qu’ils représentent.

image

Là où Lewis concourt contre le Canadien Ben Johnson pour obtenir le soutien de Nike, Michael Johnson affronte Donovan Bailey, de même que leurs équipementiers respectifs, Nike pour Johnson et Adidas pour Bailey. L’opposition des deux équipementiers débouche donc finalement sur l’organisation d’un duel entre les deux champions, Bailey et Johnson, véritables révélations des derniers Jeux olympiques, afin de les départager et savoir enfin qui est « l’homme le plus rapide du monde. » La rencontre est prévue début juin 1997 et se déroule sur 150 m, distance intermédiaire entre le 100 m de Bailey et le 200 m de Johnson. Ce duel prévoit alors une récompense de 1,5 million de dollars pour le vainqueur. Et c’est Adidas qui triomphe par l’intermédiaire de Bailey remportant par conséquent la prime échue au vainqueur

Peu apprécié au début de sa carrière pour son manque de charisme et de communication auprès des journalistes, Johnson marque avant tout son époque par sa recherche constante de la performance. Ses premières déclarations, restées célèbres, marquent les esprits par leur manque d’éclat et on se souviendra encore longtemps de : « Je cours plus vite que les autres, le reste je m’en fous » ou de « Désolé, les gars, je ne suis pas quelqu’un de vraiment passionnant ». Et oui, tout le monde ne peut pas être Usain Bolt!