hommage

Retoursurunmonstredusport:JanaNovotnaaliasla« CzechChoker »

Vous qui avez une bonne connaissance de l’histoire du tennis féminin, vous allez sans doute être surpris par le fait que Jana Novotna ait le droit de figurer dans notre saga des « Monstres du sport ». Et pourtant, la Tchèque a coché de nombreux critères tout au long de sa carrière pour s’assurer une place de choix dans l’histoire de sa discipline. En effet, entre un jeu service-volée à outrance, un titre à Wimbledon, une place de numéro 2 mondiale, une joueuse de double légendaire et surtout une personnalité atypique, Jana était une figure importante du tennis féminin des années 90. Ainsi, lorsque l’on a appris ce matin la mort de celle-ci, à 49 ans, des suites d’un cancer, il nous paraissait évident de lui rendre hommage en faisant d’elle un de nos monstres du sport !

Une joueuse de double formidable

En 1986, la jeune Jana, âgée de 18 ans, débarque sur le circuit. Et rapidement, elle se fait connaître grâce à ses succès en double mixte. Elle remporte notamment en 1988 le double mixte lors de l’Open d’Australie et de l’US Open avec Jim Pugh. L’année suivante, elle remettra ça avec le même partenaire en conservant son titre en Australie et en s’offrant le trophée à Wimbledon. A 20 ans, là voilà déjà à la tête de 4 titres du Grand Chelem. S’en suivra 76 titres en double tout au long de sa carrière dont 12 titres du Grand Chelem (2 Open d’Australie, 3 Roland-Garros, 4 Wimbledon, 3 US Open) avec 3 partenaires différentes: Helena Sukova, Arantxa Sanchez Vicario et Martina Hingis.

Une collaboration qui fera d’elle une grande joueuse de simple

Si Jana Novotna est rapidement une joueuse de double exceptionnelle, c’est grâce à sa qualité de volley mais également de service. Sa deuxième balle, notamment, était redoutable et lui permettait, surtout sur gazon, de se projeter vers l’avant en toutes circonstances. En 1990, elle décide de prendre pour entraîneur, sa compatriote, Hana Mandlíková, championne de 4 tournois du Grand Chelem (2 Australian Open, 1 Roland-Garros et 1 US Open) lors de la période de domination Evert/Navatrilova. Cela porte rapidement ses fruits mais elle n’arrive pas à conclure en Grand Chelem où elle échoue en finale de l’Open d’Australie en 1991 face à Monica Seles et en 1993 à Wimbledon face à Steffi Graf. Lors de cette rencontre qu’elle domine tennistiquement, elle finit par craquer mentalement. Alors que sa coach Tchèque, Mandlíková, était elle-aussi connue pour être fragile mentalement, Novotna a le droit au surnom de « Czech Choker », soit le fait de ne pas résister à la pression. Suite à cette défaite ô combien frustrante, Novotna, inconsolable, se mit à pleurer sur l’épaule de la Duchesse de Kent lors de la remise des trophées. L’image la plus forte de sa carrière sans contestation possible.

Suite à une nouvelle défaite en finale de Wimbledon face à Martina Hingis en 1997, elle s’imposera enfin sur le gazon londonien l’année suivante face à la Française Nathalie Tauziat.

En plus de son seul titre du Grand Chelem, Novotna remportera 24 titres en simple, 1 Fed Cup en 1988 et 3 médailles olympiques (Une de bronze en simple et 2 d’argents en double). Elle prendra sa retraite en 1999 et deviendra membre du International Tennis Hall of Fame à partir de 2005. En 2013, elle devient brièvement l’entraîneur, avec Iwona Kuczynska, de Marion Bartoli, onzième joueuse mondiale.